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Communiqué du 12/10/2026
Âgisme : en France, on se sent « vieux » à partir de 50 ans. L'urgence est totale de lutter contre la discrimination par l'âge !

L'AD-PA (Association des Directeurs au service des Personnes Âgées) prend connaissance de l'étude européenne Ipsos BVA réalisée pour les laboratoires Expanscience auprès de 10 000 Européens de huit pays. Les résultats sont éloquents et doit interpeller toute la société française.

Ce que révèle l'étude :

1) C'est en France que l'on se sent « vieux » le plus tôt d'Europe : à partir de 50 ans, contre 60 ans pour les Espagnols et les Italiens. Un écart qui s'explique avant tout par le regard des autres, dans la rue comme au travail : chez nous, l'âge est vécu comme un stigmate.

2) 47 % des Français ont déjà renoncé à une envie (une tenue, une sortie, un sport, une activité) par peur d'être jugés pour leur âge.

3) La peur de vieillir commence dès 35 ans pour 55 % des Européens.

4) Au travail, 59 % des personnes interrogées taisent certains problèmes de santé pour ne pas « paraître vieux », et 44 % des actifs français voient leur âge comme un handicap.

Renoncer à soigner une rotule « parce qu'on est trop vieille », se voir fermer les portes de l'intérim à 68 ans : ces témoignages recueillis à l'occasion de la publication de l'étude disent tout de la violence ordinaire de l'âgisme. L'AD-PA le dit et le répète : aucune autre discrimination ne serait tolérée avec une telle tranquillité.

Cette étude démontre, s'il en était besoin, l'urgence de lutter contre la discrimination par l'âge. L'âgisme n'est pas une fatalité culturelle : c'est un préjugé, avec des conséquences concrètes : perte de chances, renoncements, ruptures de parcours professionnels et de soins, maltraitances invisibles.

L'actualité doit nous alerter davantage encore. À l'heure où les mouvements lycéens font entendre revendications et exaspération, celle d'une jeunesse qui a le sentiment d'être délaissée et de ne pas être entendue, à l’autre bout de la vie le secteur du Grand âge, délaissé depuis des années et traversant de multiples crises exprime ce même sentiment d'abandon. Il est donc temps de lutter contre ces pertes de chances, quel que soit l'âge auquel on les subit, et de réunir les réflexions de ces générations qui sont, au fond, bien proches : la jeunesse qui demande des moyens et du respect, les aînés qui demandent des moyens et de la considération. Deux combats qui n'en font qu'un : celui d'une société qui n'abandonne personne.

Rien de tout cela ne surprend l'AD-PA, qui alerte depuis des années sur les ravages de l'âgisme :

1) dès 2017, dans son communiqué « L'Europe s'engage dans la lutte contre l'âgisme », l'AD-PA rappelait « la nécessité du respect de toutes les personnes, quel que soit leur âge, afin de faire reculer l'âgisme dans notre pays » ;

2) en 2018, aux côtés de la Ligue des droits de l'Homme, elle soutenait la campagne européenne « Égaux à tout âge » et publiait le communiqué « Pour des droits égaux à tout âge, une urgence ! » ;

3) elle a ensuite « rejoint les analyses de la Défenseure des droits » sur les conséquences inacceptables de l'âgisme pour les personnes âgées vulnérables, en appelant à des mesures immédiates et systémiques.

Cette exigence rejoint l'une des préconisations fortes du premier baromètre de l'Observatoire Seniors et société (porté par l'AD-PA, la mutuelle Intégrance et l'association Citoyennage, de novembre 2025) consistant à lancer une campagne nationale de sensibilisation contre l'âgisme, pour recréer du lien entre toutes les générations et reconnaître les aînés comme des citoyens à part entière. Le baromètre mettait en effet en évidence une fracture symbolique : si 92 % des retraités se sentent intégrés, 73 % estiment ne pas être en phase avec l'évolution de la société, et seuls 32 % se sentent personnellement âgés quand 53 % pensent être perçus comme tels.

L'AD-PA et la FNAQPA sont dès à présent à pied d'œuvre pour déconstruire ces préjugés avec le Tour de France « Pour une vieillesse heureuse : dépasser les idées reçues », mené cette année dans le cadre des salons AGE 3. Après Rouen, Paris, Avignon, Lyon, Nantes et Lille, prochain rendez-vous à Colmar le jeudi 15 octobre, puis Clermont-Ferrand le 5 novembre et Toulouse le 26 novembre. « Les vieux sont lents », « ils radotent », « ils coûtent cher » : entendus trop souvent, ces clichés salissent l'engagement des professionnels, dévalorisent leurs métiers et nient l'humanité des personnes accompagnées. Il est temps de renverser ces représentations toxiques.

L'AD-PA attend désormais que la mobilisation France Autonomie débouche sur des préconisations concrètes pour lutter contre l'âgisme et notamment sur la mise en œuvre d'une campagne nationale de sensibilisation. L'âgisme est un obstacle direct à des politiques publiques à la hauteur des besoins du Grand âge : tant qu'il n'est pas combattu, les moyens manqueront toujours.

À l'approche de l'élection présidentielle, l'AD-PA appelle enfin les candidats à se saisir de cette question, pour améliorer significativement les conditions de vie des personnes âgées et les conditions de travail de celles et ceux qui les accompagnent.

Si “la valeur n’attend pas le nombre des années”,
le nombre des années n’attente pas à la valeur.


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